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Septoplastie ou turbinectomie : comprendre la chirurgie du nez qui respire

Derrière la formule « chirurgie du nez qui respire » se cachent en réalité deux interventions bien distinctes, que confond souvent le grand public.

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Par Julie
Rennes · 6 juillet 2026 · 5 min de lecture
Septoplastie ou turbinectomie : comprendre la chirurgie du nez qui respire

Nez bouché en permanence, ronflements qui s'installent, sensation de manquer d'air d'un seul côté : ces symptômes conduisent chaque année de nombreux patients vers une consultation ORL. Le diagnostic tombe alors parfois sous une double appellation qui prête à confusion, septoplastie et turbinectomie. Les deux interventions visent le même objectif, une meilleure respiration nasale, mais elles ne corrigent pas la même chose et ne s'adressent pas au même problème anatomique.

Le cloison et les cornets, deux structures différentes

Pour comprendre la distinction, il faut d'abord se représenter l'intérieur du nez. Une cloison, le septum, sépare les deux fosses nasales en leur milieu. De part et d'autre, sur les parois latérales, se trouvent les cornets, des structures recouvertes d'une muqueuse richement vascularisée dont le rôle est de réchauffer, humidifier et filtrer l'air inspiré.

Quand la cloison est déviée, souvent depuis la naissance ou à la suite d'un traumatisme (fracture du nez, choc sportif), l'air circule mal d'un côté, parfois des deux. C'est ce que corrige la septoplastie : une chirurgie qui redresse ou remodèle le cartilage et l'os de la cloison pour rétablir un passage symétrique.

Quand, en revanche, ce sont les cornets qui sont trop volumineux, par hypertrophie chronique liée à une rhinite allergique, à une inflammation répétée ou simplement à une prédisposition anatomique, l'obstruction vient d'un excès de tissu sur les parois, et non d'un axe de travers. C'est le rôle de la turbinectomie (ou turbinoplastie, selon la technique utilisée) : réduire le volume des cornets, le plus souvent celui du cornet inférieur, pour dégager le flux d'air sans pour autant les retirer entièrement, leur fonction de filtration restant utile.

Une même finalité, des indications différentes

Dans la pratique, ces deux interventions sont fréquemment associées au cours d'une même opération, car une déviation de cloison s'accompagne souvent d'une hypertrophie compensatrice des cornets du côté opposé, le corps « grossit » le cornet du côté le plus large pour équilibrer le flux d'air, ce qui aggrave la gêne globale une fois la cloison seule corrigée. D'où l'expression fréquente de « septoplastie avec turbinectomie », qui traite les deux causes en un seul temps opératoire.

Les indications qui orientent vers l'une, l'autre, ou les deux, reposent sur un examen clinique précis : rhinoscopie, parfois endoscopie nasale, et évaluation de la gêne au quotidien (respiration nocturne, ronflement, sensation de nez bouché alterné, répétition de sinusites). Une déviation isolée sans hypertrophie ne justifie pas de toucher aux cornets, et inversement une hypertrophie des cornets sur une cloison bien centrée ne nécessite pas de chirurgie septale. C'est cette évaluation individuelle, et non un protocole systématique, qui détermine le geste réellement utile.

Comment se déroule l'intervention

Les deux chirurgies se pratiquent par voie strictement interne, sans aucune incision ni cicatrice visible sur le visage. L'intervention a lieu sous anesthésie générale ou parfois locale approfondie selon les cas, dure généralement entre trente minutes et une heure, et se déroule le plus souvent en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation d'une nuit.

Des mèches ou attelles siliconées peuvent être mises en place dans les fosses nasales pour quelques jours, le temps que les tissus se stabilisent. Les suites comportent classiquement une congestion nasale transitoire, parfois des saignements légers, et une reprise progressive de la respiration nasale sur plusieurs semaines, le temps que l'œdème post-opératoire se résorbe complètement. Un arrêt de travail de quelques jours à une dizaine de jours est généralement recommandé, à ajuster selon la profession et l'avis du chirurgien.

Un parcours qui commence toujours par une consultation

Au Maroc, ce type de chirurgie fonctionnelle relève de la spécialité ORL et cervico-maxillo-faciale. À Fès, le Dr Alaoui Ismaili Mohammed Ghali, chirurgien ORL formé à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Fès et ayant exercé au CHU Hassan II ainsi qu'à l'Hôpital Omar Drissi, reçoit notamment pour ce type de bilan au sein de son cabinet, qui prend en charge l'ensemble des pathologies du nez et des sinus, sinusite, allergies, déviation de cloison, ronflement, aux côtés des pathologies de l'oreille et de la gorge.

Comme pour toute chirurgie, le coût d'une septoplastie ou d'une turbinectomie varie sensiblement selon la complexité du geste, la durée d'hospitalisation et le praticien : les fourchettes usuelles observées sur le marché marocain vont grossièrement de quelques milliers à une dizaine de milliers de dirhams, un ordre de grandeur purement indicatif qui ne remplace en rien un devis établi après consultation.

FAQ

Quelle différence entre une septoplastie et une turbinectomie pour traiter les problèmes de sinus ? La septoplastie corrige une déviation de la cloison nasale, l'os et le cartilage central qui sépare les deux fosses ; la turbinectomie réduit le volume de cornets hypertrophiés sur les parois latérales du nez. La première traite un problème d'axe, la seconde un excès de tissu muqueux. Elles sont souvent réalisées ensemble lorsque les deux anomalies coexistent, mais chacune répond à une cause distincte, identifiée lors de l'examen ORL.

Ces chirurgies traitent-elles aussi la sinusite chronique ? Elles améliorent la ventilation nasale, ce qui peut réduire la fréquence des sinusites liées à une mauvaise circulation de l'air, mais une sinusite chronique avec atteinte des sinus eux-mêmes relève parfois d'un autre geste, à discuter en consultation.

Combien de temps avant de retrouver une respiration normale ? La gêne s'améliore progressivement sur plusieurs semaines, le temps que l'œdème post-opératoire disparaisse ; le résultat définitif s'apprécie généralement après un à trois mois.

Cet article a un objectif d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

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