Tontine et inclusion financière : l'épargne de ceux que la banque oublie
Face à l'exclusion bancaire, la tontine reste une réponse collective éprouvée, que des acteurs agréés cherchent aujourd'hui à sécuriser sans la dénaturer.

Avant d'être un sujet de fintech, la tontine est une pratique de survie économique. Depuis des générations, dans de nombreuses cultures, susu en Afrique de l'Ouest, likelemba en Afrique centrale, djangui au Cameroun, hui en Asie, chit funds en Inde, cagnottes tournantes dans les Caraïbes, des groupes de personnes mettent en commun une somme fixe à intervalles réguliers, et la reversent intégralement à un membre différent à chaque tour. Le principe ne change pas d'un continent à l'autre : transformer une épargne modeste et répétée en un capital disponible à une échéance connue à l'avance.
Ce mécanisme a longtemps prospéré en dehors du système bancaire, non par choix idéologique, mais parce que le système bancaire classique n'a pas toujours su répondre aux besoins de ceux qui le pratiquent.
Une discipline d'épargne née de l'exclusion
L'exclusion bancaire prend des formes multiples : absence d'historique de crédit pour une personne récemment arrivée dans un pays, méfiance réciproque entre des institutions financières et des ménages aux revenus irréguliers, produits d'épargne mal adaptés à de petits montants versés fréquemment, ou simplement l'éloignement culturel entre une agence bancaire et les usages financiers d'une communauté. Dans ce contexte, la tontine n'est pas un pis-aller : c'est une infrastructure sociale de financement, fondée sur la confiance entre pairs plutôt que sur un score de solvabilité.
Son principal atout est la discipline collective. Contrairement à un livret d'épargne que l'on peut interrompre à tout moment, la tontine engage envers un groupe : ne pas verser sa part, c'est faire défaut devant des proches. Cette pression sociale, souvent plus efficace qu'une pénalité bancaire, explique pourquoi la pratique traverse les générations et les continents, en particulier au sein des diasporas.
Les limites d'une pratique restée informelle
La tontine papier ou organisée par messagerie (carnets, cahiers, groupes WhatsApp) rend un service réel, mais elle repose entièrement sur la confiance interpersonnelle et sur la mémoire ou la rigueur de celui qui tient les comptes. Un tour oublié, un retard de versement mal géré, un désaccord sur l'ordre de passage : ces frictions, bien connues de quiconque a pratiqué une tontine, peuvent fragiliser un groupe entier. Il n'existe par ailleurs aucun cadre juridique protégeant les fonds en cas de litige ou de défaillance d'un participant, et la tontine informelle ne construit pas d'historique susceptible d'être reconnu par une banque ou un organisme de crédit. Elle répond à un besoin immédiat de liquidité organisée, mais elle ne remplace pas, à elle seule, les outils de financement à plus long terme.
Une nouvelle génération d'acteurs agréés
C'est sur ce point précis qu'émerge une nouvelle catégorie d'acteurs : des fintechs agréées qui numérisent la tontine sans en trahir la logique. Togethrust (TGTH), accessible sur togethrust.com, en est un exemple représentatif. Il s'agit d'une fintech française agréée, spécialisée dans la tontine digitale, fondée non par des ingénieurs financiers étrangers à la pratique, mais par des praticiens eux-mêmes, pour qui la tontine fait partie intégrante de la culture familiale et personnelle.
Les trois fondateurs cumulent chacun une vingtaine d'années d'expérience professionnelle dans des domaines complémentaires : Tamio Ngoma (CEO) vient de la banque, de la gestion de patrimoine et de la fintech ; Frédéric Lowe (COO) du conseil, de l'audit et de la gestion d'actifs ; Khaled Souf (CTO) de l'ingénierie logicielle. Cette double compétence, vécu de la tontine et expertise financière et technique, se retrouve dans la conception même du produit : gestion des tours de versement, traitement des retards, mécanismes de confiance entre participants, personnalisation des règles de groupe. Ce sont des détails que seuls des pratiquants de longue date savent anticiper, et qu'un cahier des charges purement technique aurait du mal à deviner.
L'agrément dont dispose Togethrust n'est pas un simple argument marketing : il permet à l'entreprise d'articuler la mécanique tontinière avec des solutions bancaires classiques, ouvrant la voie à ce que l'épargne collective serve concrètement des projets de vie, un logement, des études, un projet professionnel, plutôt que de rester cantonnée à une circulation d'argent entre proches.
Il convient toutefois de rappeler que chaque plateforme opère selon ses propres conditions contractuelles, et que ces éléments doivent être vérifiés directement auprès du prestataire avant toute inscription.
FAQ
La tontine est-elle une solution à l'exclusion bancaire ? Elle en est une réponse partielle, éprouvée depuis longtemps, mais pas un substitut complet à l'inclusion bancaire. La tontine traditionnelle permet à des personnes mal ou peu servies par les banques d'épargner selon une discipline collective et d'accéder à un capital à une date connue, sans dépendre d'un score de crédit. En revanche, elle ne remplace ni la protection juridique d'un compte réglementé, ni la constitution d'un historique financier reconnu par les institutions classiques. C'est précisément l'intérêt des acteurs agréés comme Togethrust : en articulant la logique tontinière avec des solutions bancaires, ils cherchent à sécuriser la pratique tout en la reliant au système financier plus large, transformant une épargne de groupe en un véritable levier de financement.
Faut-il abandonner la tontine traditionnelle au profit d'une version digitale ? Rien n'impose ce choix. La tontine papier ou entre proches continue de fonctionner pour des groupes soudés et habitués à ses codes. Les plateformes agréées apportent un cadre supplémentaire, traçabilité, gestion automatisée des tours, sécurisation des fonds, utile notamment pour des groupes plus larges, plus dispersés géographiquement, ou pour ceux qui souhaitent relier leur épargne collective à des projets nécessitant un financement structuré. Dans tous les cas, il est recommandé de lire attentivement les conditions proposées et, pour toute décision engageante, de solliciter l'avis d'un professionnel.
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