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Au-delà de la décennale : les garanties qui complètent la panoplie du BTP

RC pro, parfait achèvement, biennale, TRC : derrière l'obligation légale de la décennale se cache tout un écosystème de garanties que les artisans du BTP ont souvent intérêt à connaître.

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Par Julie
Rennes · 17 juillet 2026 · 5 min de lecture
Au-delà de la décennale : les garanties qui complètent la panoplie du BTP

Pour beaucoup d'artisans, l'assurance construction se résume à un seul mot : la décennale. C'est en effet la seule garantie strictement obligatoire pour exercer une activité de construction en France. Mais elle ne couvre qu'une partie des risques d'un chantier. Autour d'elle gravitent plusieurs autres garanties, certaines obligatoires, d'autres facultatives mais recommandées, qui répondent chacune à un type de dommage différent. Voici comment s'articule ce paysage, sans jargon.

La décennale, une obligation légale précise

Instaurée par la loi Spinetta de 1978 et codifiée aux articles 1792 et suivants du Code civil, la garantie décennale oblige tout constructeur, artisan, entreprise de travaux, architecte, maître d'œuvre, à s'assurer contre les dommages qui, pendant les dix années suivant la réception des travaux, compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Une fissure structurelle, une toiture qui laisse passer l'eau au point de rendre le logement inhabitable : ce sont typiquement des sinistres relevant de la décennale. Elle est distincte de l'assurance dommages-ouvrage, que souscrit le maître d'ouvrage (le client) et qui permet un préfinancement rapide des réparations sans attendre qu'un tribunal détermine les responsabilités.

Mais tous les désordres de chantier ne relèvent pas de ce cadre. C'est là qu'interviennent les autres garanties.

La RC pro, pour les dommages hors décennale

La responsabilité civile professionnelle (RC pro) couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de l'activité, mais qui ne rentrent pas dans le champ de la décennale : un outil qui abîme le mobilier du client, une erreur de conseil, un dommage causé avant la réception des travaux, ou un désordre qui n'affecte ni la solidité ni la destination de l'ouvrage. Elle n'est pas légalement obligatoire dans tous les cas, mais elle est en pratique quasi indispensable, souvent exigée par les donneurs d'ordre, et complète directement la décennale sur les situations qu'elle ne couvre pas.

La garantie de parfait achèvement, la première année

Prévue par l'article 1792-6 du Code civil, la garantie de parfait achèvement engage l'entreprise qui a réalisé les travaux pendant un an à compter de la réception. Elle oblige à réparer tous les désordres signalés par le maître d'ouvrage, soit lors de la réception elle-même, soit dans l'année qui suit par simple notification. Contrairement à la décennale, elle ne suppose pas de gravité particulière : un défaut de finition, une porte qui ferme mal, peuvent en relever. Il ne s'agit pas d'un contrat d'assurance à proprement parler, mais d'une obligation contractuelle qui pèse directement sur le constructeur.

La garantie biennale, pour les équipements

Également appelée garantie de bon fonctionnement, la garantie biennale couvre pendant deux ans les éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage, un chauffe-eau, une chaudière, des volets roulants, dès lors qu'ils peuvent être démontés ou remplacés sans dégrader le gros œuvre. Elle se distingue de la décennale, qui concerne plutôt les éléments indissociables du bâti, et de la garantie de parfait achèvement, plus courte et plus large dans son champ de désordres couverts.

La TRC, pour le chantier en cours de réalisation

L'assurance tous risques chantier (TRC) protège l'ouvrage lui-même pendant la phase de construction, avant la réception : incendie, dégât des eaux, événements climatiques, actes de vandalisme touchant les matériaux ou les travaux déjà réalisés. Elle est facultative mais fréquemment recommandée, voire exigée par les maîtres d'ouvrage, sur des chantiers de taille significative ou à forts enjeux financiers, car elle limite l'impact d'un sinistre survenant avant même que les garanties post-réception n'entrent en jeu.

Un écosystème à ajuster selon l'activité

Aucune de ces garanties ne se substitue à une autre : elles se complètent selon le moment du chantier (avant ou après réception), la nature du dommage (structurel, fonctionnel, matériel) et la partie qui doit s'assurer (constructeur ou maître d'ouvrage). Le contenu exact de chaque garantie, ses exclusions et ses franchises dépendent toujours du contrat souscrit : il est essentiel de lire les conditions générales et particulières, ou d'en discuter avec un courtier, avant de considérer une couverture comme acquise.

Des courtiers spécialisés en assurance décennale pour le BTP, comme ASSU PRO (assur-risque.fr), proposent un parcours de devis en ligne où l'entreprise se identifie via son numéro de SIREN, y compris pour les structures en cours de création. Ce type d'acteur couvre aussi bien les professions dites intellectuelles du secteur, architectes, bureaux d'études, maîtrise d'œuvre, que les professions physiques, artisans et entreprises de travaux, en tenant compte des profils dits « à risques aggravés » (entreprises déjà résiliées ou ayant un historique de sinistres) et des questions de territorialité de la garantie selon les lieux d'intervention.

Questions fréquentes

Quelles assurances complémentaires à la décennale un artisan doit-il envisager ? En pratique, la RC professionnelle est la première à associer à la décennale, car elle couvre les dommages qui échappent à son champ. Selon l'activité, la garantie de parfait achèvement et la garantie biennale s'appliquent automatiquement sur les chantiers concernés dès lors que les travaux sont réceptionnés, tandis que la TRC reste une option à évaluer chantier par chantier, notamment sur les opérations les plus exposées ou les plus onéreuses.

La décennale suffit-elle légalement ? Elle est la seule garantie strictement obligatoire pour exercer, mais son champ est volontairement limité aux atteintes graves à la solidité ou à la destination de l'ouvrage. Les autres dommages restent à la charge de l'artisan en l'absence de couverture complémentaire.

Le prix de ces garanties varie-t-il beaucoup ? Oui, et fortement : le coût dépend notamment de l'activité exercée, du chiffre d'affaires, de l'ancienneté et des antécédents de sinistralité. Il n'existe pas de tarif standard ; seule une étude du dossier auprès d'un assureur ou d'un courtier permet d'obtenir une estimation adaptée à la situation réelle de l'entreprise.

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